« Le "prochainement" commence à sembler un peu long », s’impatientent sur les réseaux sociaux 38 associations actives dans la prévention et la sécurité, trois semaines après s’être mobilisées sous les fenêtres du gouvernement bruxellois, jeudi 7 mai. Les ASBL y avaient dénoncé le non-versement des trois premiers douzièmes provisoires pour 2026 et le flou quant à savoir à quelle sauce elles seront mangées avec le nouveau Plan global sécurité et prévention (PGSP). Ce dernier n’a pas été renouvelé depuis 2024, à cause de la crise gouvernementale.
Le jour même, le ministre-président Boris Dilliès avait promis le maintien de l'enveloppe liée à la sécurité et à ses ASBL. Et depuis, plus rien.
« Nous attendons que le gouvernement se prononce sur le plan et les orientations budgétaires. Nous sommes conscients que pendant ce temps, les ASBL, les communes et d’autres continuent de travailler », explique-t-on du côté de Safe.brussels, qui a réalisé le nouveau PGSP en discussion. « C’est une période compliquée pour beaucoup et notamment les ASBL qui sont coincées dans ce moment de transition entre un gouvernement d'affaires courantes qui n'offrait pas de visibilité à long terme pour les subsides, et l'installation d'un nouvel exécutif qui doit encore prendre des mesures ».
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La crainte de devoir réduire les activités
Au sein du cabinet de Boris Dilliès, on assure que les processus sont en cours, sans donner davantage d’informations sur les délais.
« Le ministre-président nous a répondu à travers la presse et depuis, il y a une sorte de vide, nous n’avons eu aucune garantie officielle sur le maintien de l’enveloppe annoncé, pas de calendrier, aucune communication claire », souffle Adrienne Van Vyve, responsable plaidoyer pour l’ASBL Infirmiers de rue. « La sécurité et la prévention sont importantes pour le gouvernement, le plan ne va pas disparaitre, c’est positif, mais nous sommes dans le flou ».
Pour cette association, l’enveloppe du PGSP représente plus de 100.000€ par an. « Si on perd ce financement, nous serons peut-être obligés d’arrêter des projets, comme nous l’avons déjà fait l’an passé à cause d’incertitudes budgétaires. C’est le public le plus vulnérable qui en serait la première victime », poursuit-elle. Cette incertitude qui plane depuis des mois est une pression de plus sur le secteur qui subit déjà une « accumulation d’instabilités », regrette-t-elle.
Grâce à un agrément travail de rue, les emplois ne sont pas à risque au sein de l’association. Mais ce n’est pas le cas de toutes. « Certaines risquent de devoir se séparer de leur personnel. Dans ce cas, les répercussions se font sur les autres services d’accompagnement », insiste Adrienne Van Vyve.
Caroline Bordecq