Le financement d’une entreprise, c’est avant tout une « philosophie » collective, un état d’esprit tourné vers les autres.
Créer une ASBL ou une activité, quel que soit son statut juridique, c’est mettre en place, progressivement, un projet, une idée, et à partir de là, convaincre d’autres personnes d’y adhérer.
On ne crée pas une ASBL « seul », comme on se lance comme indépendant. Les « autres » jouent un rôle primordial dans cette aventure.
Lire aussi : Le business plan associatif en question(s)
Une ASBL se finance ensemble !
Une ASBL se construit ensemble et, dès lors, se finance ensemble.
Convaincre d’autres personnes d’adhérer à son projet exige :
- de bien se connaître soi-même (valeurs, objectifs et moyens à disposition) ;
- d’élargir le cercle de la réflexion autour du projet ;
- de trouver des compétences complémentaires, de répartir le travail de façon équilibrée ;
- de se donner les moyens de développer son projet en amenant les « autres » à s’investir humainement, mais aussi financièrement.
On ne développe pas un projet sans mettre la main à la pâte, sans se solidariser autour d’un projet, et sans accepter de le financer dans ses premières dépenses ainsi qu’à plus long terme.
Un défi aux multiples facettes
Les enjeux liés au financement sont très diversifiés. Ils évoluent avec le temps et en fonction de vos besoins :
- les premières dépenses liées notamment à la création de l’ASBL (frais d’enregistrement et autres, achat de matériel, location d’un lieu, etc.), à défaut d’être obligatoire, un capital de départ est nécessaire ;
- les frais et dépenses liées à la gestion quotidienne de l’ASBL (frais de fonctionnement, recours à des services extérieurs, rémunérations, etc.) ;
- les frais et dépenses liées au développement de l’ASBL (mise en place d’un projet spécifique, d’une campagne de sensibilisation, etc.).
De la même manière, votre budget peut s’appuyer sur un éventail élargi de sources d’argent.
Lire aussi : Comment trouver des financements pour mon ASBL ?
« Les autres » : de qui parle-t-on ?
Entre les fonds et recettes propres et les moyens extérieurs (privés ou publics), le financement d’une ASBL ou d'un projet d’ASBL s’articule potentiellement autour de plusieurs acteurs, du plus proche ou plus éloigné :
- les membres effectifs (et membres fondateurs) ;
- les membres adhérents ;
- le secteur privé (banques, investisseurs externes, mécènes et sponsors, fondations, etc.) ;
- le secteur public (aux différents niveaux de décision) ;
- le grand public (donateurs, volontaires/bénévoles, etc.).
Une foule de pistes
Les financements dont peut bénéficier une ASBL sont publics ou privés. Rien ne vous empêche d’envisager un mix des deux !
Lire aussi : Le financement hybride de l’ASBL : de quoi parle-t-on ?
Votre guichet d’entreprise est également là pour vous conseiller et vous orienter vers les sources de financement les mieux adaptées.
Le secteur privé
Les banques constituent le principal acteur financier du secteur privé.
Parmi celles-ci, on retrouve :
- les banques traditionnelles (ING, Belfius, BNP Paribas Fortis, etc.) et les compagnies d’assurances (certaines soutiennent les ASBL) ;
- les banques coopératives (Cera, New B, etc.) ;
- les banques alternatives (Crédal, Triodos, Eltys, etc.) ;
- les organismes de microcrédit (concept qui permet de disposer d’une petite quantité d’argent rapidement et facilement).
Si les prêts bancaires présentent de nombreux avantages, ils montrent également leurs limites.
D’autres options existent :
- le sponsoring et le mécénat ;
- le mécenat de compétences ;
- les services clubs ;
- les fédérations ;
- les fondations ;
- les bourses et prix.
Le secteur public
Là aussi, les soutiens potentiels sont multiples.
L’État fédéral, les Régions et Communautés (y compris la Fédération Wallonie-Bruxelles), les autorités provinciales et locales, mais aussi l’Union européenne peuvent contribuer au financement de votre ASBL à travers l’octroi de subsides, d’aides et de primes.
Attention, il ne suffit pas de demander pour recevoir ! Cela demande de monter un dossier solide, mais également de faire preuve d’une gestion financière scrupuleuse (l’ASBL doit évidemment justifier l’utilisation des fonds qu’elle reçoit).
Un grand nombre de financements publics font d’ailleurs l’objet d’appels à projets préalables.
Lire aussi : Sept conseils avant de demander un subside public pour votre ASBL
Lire aussi : 10 conseils d’ASBL pour postuler à des appels à projets
Et l’autofinancement ?
Avant de chercher des fonds ailleurs, rappelez-vous que les recettes propres constituent la première source de financement des ASBL.
Tout d’abord, en faisant appel à des bénévoles/volontaires, vous bénéficiez de dons en nature (compétences gratuites) qui vous font économiser un ou plusieurs salaires horaires. Attention à bien respecter les règles en la matière !
Vous pouvez demander des cotisations aux membres.
Lire aussi : Cotisation des membres : un mécanisme à formaliser dans les statuts de l’ASBL
Les dons et legs sont une autre piste à exploiter. Ici, l'enjeu est à la fois de :
- convaincre par la sensibilisation à vos actions,
- rassurer par l'information et la transparence,
- inciter et faciliter par la diversification des modes de versement.
Les collectes de fonds sont également une pratique courante parmi les ASBL, tout comme les activités commerciales. En effet, le critère de l’interdiction de principe des opérations industrielles et commerciales a disparu avec le CSA.
À moins que vous ne décidiez de faire appel « à la foule » en lançant votre campagne de crowdfunding ou un appel public à l'épargne.
Valoriser votre projet
Quelle qu’en soit la provenance, chaque financement se gagne d’abord par la réputation de votre association/organisation. Elle repose essentiellement sur la bonne gouvernance, en général, et sur une gestion saine des finances, en particulier.
Gérer votre ASBL en bon père de famille ne suffit pas ! Il faut également que ça se voit et que ça se sache. Pérenniser votre projet, c'est aussi fidéliser vos membres et sympathisants.
Enfin, notamment vis-à-vis des particuliers, en plus de leur donner envie de financer votre projet, vous devez leur donner les moyens de le faire facilement à travers une structure de collecte bien en place.
D’où l’importance d’une stratégie et d’outils de marketing efficaces, d'où l'importance d'une exploitation bien orientée de tous vos canaux de communication numériques et imprimés.
En résumé, les possibilités sont (presque) infinies ! Elles n’ont de limites que celles de votre imagination, mais aussi et surtout de votre rigueur et de votre professionnalisme : organisation, gestion et communication sont les trois mots-clés d’un financement réussi.