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Intelligence collective en ASBL : des outils pour générer et partager les idées

Activer l’intelligence collective dans une ASBL, c’est aussi savoir utiliser les bons outils au bon moment. Brainstorming, mind mapping, chapeaux de Bono… ces méthodes simples mais puissantes permettent de faire émerger, de diffuser ou encore de structurer les idées au sein de l’équipe.

Des outils pour générer, organiser et partager des idées

Il existe de nombreuses méthodes pour générer, partager et trier des idées. Ces outils sont essentiels lors d’une réunion d’équipe pour enrichir le contenu des échanges : ils se répartissent entre :

  • ceux qui se focalisent sur la libération de l’idée, que ce soit par la parole, l’écrit ou l’image, comme le brainstorming et ses variantes, notamment le brainwrinting,
  • ceux qui exploitent plutôt les stimuli d’une mise en situation inhabituelle, comme les  méthodes dites « reverse » : la pire idée possible, l’anti-problème, le bodystorm, ou les 6 chapeaux,
  • et ceux qui se focalisent sur l’organisation des idées, sur la base d’un canevas qui invite à le remplir ou à le compléter : on trouve ici la grande famille du mind mapping.

Il n’est évidemment pas exclu de combiner ces méthodes. Parmi les plus courantes, voici une sélection de ce qui parait le plus applicable au monde associatif.

Lire aussi : ASBL : un leadership plus fort grâce à l’intelligence collective

1 : Le brainstorming et le brainwriting

Le brainstorming est la technique la plus connue : elle consiste à réunir un groupe de personnes qui vont chacune faire part de leurs idées sur un sujet, sans recevoir aucune critique ni aucun jugement de la part des autres.

Pour être efficace, l’application de cette méthode présuppose que les participants aient sur la problématique des angles d’approche différents, notamment par leur métier : cette diversité est importante pour élargir le spectre des idées. Un autre préalable est de disposer d’un outil (tableau ou paperboard, vidéo projecteur) pour enregistrer les idées et de pouvoir compter sur un scribe pour les noter au fur et à mesure.

Classiquement, une séance de brainstorming se décompose en :

  • une phase de cadrage, où les participants se mettent d’accord sur les règles du débat, le sujet à traiter et le périmètre à explorer,
  • une phase de production,  pour dégager un maximum d’idées,
  • et une phase de sélection, pour n’en dégager que les meilleures, sur la base de critères d’appréciation à définir également en cours de séance.

Sous le nom de brainwriting, une variante de cette technique consiste à coucher les idées sur papier plutôt qu’à l’oral, comme dans le classique brainstorming. Après quelques minutes, chacun transmet son morceau de papier à son voisin, qui développe des idées à partir de celles qui sont écrites, et ainsi de suite. L’intérêt est d’amener tous les participants, y compris les plus timides, à pouvoir s’exprimer.

2 : La pire idée possible et l’anti-problème 

Une technique alternative de créativité consiste à inviter les participants à exprimer volontairement « la pire idée possible » sur un sujet. Cette méthode a notamment pour intérêt de désinhiber le groupe, qui ne risque pas de s’autocensurer puisque le but de l’exercice est justement de faire de « mauvaises » propositions. Cela permet aussi d’identifier et d’éliminer rapidement les pires idées, à défaut de faire émerger des idées neuves (a contrario, les idées inattendues sont souvent aussi celles qui sont à l’origine des vraies innovations).

Une autre manière de faire est de « retourner le problème » qu’on cherche à résoudre. Les participants cherchent alors des solutions à « l’anti-problème », ce qui fait apparaître des idées liées au véritable problème.

3 : Le bodystorm et ses varaintes

Il s’agit de mises en situation durant lesquelles on se met dans la peau des utilisateurs et des bénéficiaires de votre association confrontés à un problème que l’on cherche à résoudre. En reconstituant l’action et en étant au cœur du problème, il peut être plus simple de générer des idées et donc des solutions potentielles.

Une variante de cette approche consiste à demander aux participants de se mettre dans la peau du personnage auquel ils sont le plus souvent confrontés (le client devient fournisseur, le patron, syndicaliste, …) : ce jeu peut notamment amener les participants à travailler sur des scénarios de compromis.

4 : Les chapeaux de Bono 

Cette technique, qui a été initiée par le Dr Edward de Bono, psychologue spécialisé dans les sciences cognitives, est basée sur l’idée que notre manière de réfléchir les problèmes est influencée par l’état de nos émotions. Un changement d’état pourra ainsi mener à des réflexions nouvelles. Concrètement, les membres du groupe sont invités à changer de mode de pensée en se coiffant de différents chapeaux au cours de l’exercice :

  • bleu : l’organisation. On canalise les idées avec discipline. C’est en fait le chapeau de l’animateur de l’exercice, chargé à la fois de l’initier et de le conclure ;
  • blanc : la neutralité. On ne prend pas parti et on se contente de faits et de données chiffrées ;
  • rouge : l’émotion. On réagit « à chaud », à partir de sentiments et d’intuitions non contrôlées ;
  • jaune : l’optimisme. On fait des commentaires positifs, on se projette avec les idées des autres ;
  • noir : le pessimisme. On se montre prudent, voire alarmiste, et sensible aux risques et aux dangers ;
  • vert : la créativité. On cherche de nouvelles idées et solutions, en n’hésitant pas à prendre des libertés.

5 : Le mind mapping, ou la carte mentale

La grande famille du mind mapping rassemble l’ensemble des représentations visuelles qui permettent de stimuler la créativité. De manière classique, il s’agit de construire une sorte d’arbre dans lequel le sujet principal se trouve au centre et les idées liées au sujet constituent des branches et des sous-branches qui y sont connectées. Cet outil de visualisation permet de « cartographier » les idées et de mieux comprendre la place qu’elles occupent.

Cet outil est particulièrement pour démêler les causes d’une situation critique, et en visualiser les différents aspects, sous réserve de ne pas dépasser 3 niveaux de branche, au risque d’apporter plus de confusion que de clarté.  Il est aussi particulièrement efficace pour analyser les causes d’une situation ou organiser un projet.

L’arête de poisson d’Ishikawa consiste à organiser les différentes causes d’un problème selon leur nature. Venue de l’analyse des processus industriels, elle considère Main d’œuvre, Milieu, Matière, Méthodes et Moyens (d’où son autre nom : 5M), mais rien n’empêche évidemment de limiter le nombre de ces rubriques si elles ne sont pas pertinentes pour votre ASBL.

La méthode des « 5 Pourquoi » consiste à approfondir les différentes causes d’un problème en répétant plusieurs fois de suite (5 si nécessaire) la question du pourquoi : au terme de ce processus, on doit pouvoir atteint la cause-racine. L’intérêt de ce questionnement répété est que s’il aboutit à identifier la même source à plusieurs problèmes, c’est à elle qu’il faut s’attaquer en priorité, comme sur le graphique ci-dessous. Mais rien n’empêche non plus d’utiliser des codes-couleurs selon la nature des problèmes comme dans le diagramme précédent.

Le mind mapping est également très utile pour identifier les objectifs, les ressources, les obstacles et les phases d’un projet, ou encore pour organiser les divers aspects de sa mise en œuvre, notamment les « what, who, where, when, why », d’où son nom de 5W (à ne pas confondre avec la méthode des « 5 pourquoi » ci-dessus). C’est la raison pour laquelle on la retrouve dans le cadre du suivi des projets.

A noter qu’il est possible de créer des schémas de mind mapping directement en ligne, notamment via des applications gratuites comme GitMind.

Marc Thoulen, expert de MonASBL.be